Par amour, j’ai regardé « Reines du shopping »

Regarder un film à deux, bien au chaud sous la couette, quel régal… à condition de tomber d’accord sur le choix du film ! Et ça, ce n’est pas toujours une mince affaire. Combien de scènes de ménage ont commencé par une guerre de zapette, ? Combien de « Star Wars » contre « Love Actually » se sont joués à pile ou face ou à chifoumi ? Combien d’entre vous se sont déjà lancés dans de véritables plaidoiries pour faire changer d’avis leur moitié ? Chez nous, rien de tout ça… nous aimons à peu près les mêmes genres de film et à part quelques navets mutuellement consentis, nous n’avons jamais eu trop de mal à trouver un film qui nous plaisait à tous les deux. Mais ça, c’était avant le drame… Avant que ma chère et tendre, boostée par ses hormones de grossesse, ne se prenne d’une véritable passion pour toutes les émissions débiles proposées par le PAF. Laissez-moi vous raconter comment Stéphane Plaza, Philippe Etchebest et Christina Cordula ont failli gâcher ma vie !

 

Phase 1 – Notre romance cinématographique

Il fut en effet une époque où nous aimions les mêmes films. En fait, pour être tout à fait exact, je devrais plutôt dire « où j’aimais les mêmes films qu’elle ». Non pas qu’elle m’ait forcé la main ou que j’aie fait semblant pour la séduire, mais je dois bien reconnaitre que ce qu’on appelle « les films de mecs », ce n’est pas trop mon truc.

Question cinéma, je suis plutôt films à l’eau de rose et grosses daubes de comédies romantiques (par ailleurs complètement assumées) plutôt que films d’action, grosses voitures et batailles d’effets spéciaux. Entre « N’oublie jamais » et « Fast and furious », j’ai vite choisi mon camp et ça tombe bien, sur ce point, avec ma femme on s’est parfaitement trouvés. En fait, chez nous, les soirées films ressemblent un peu à des soirées filles… mais en couple, et j’adore ces petits moments de douceur enrobés de piano qui fait pleurer, bouquets de fleurs bleues et mots d’amour au goût de miel. Mais si « qui se ressemble s’assemble », qui s’assemble se découvre des différences… la télé et nous : ACTE 2, au-delà de nos évidences.

 

Phase 2 – La révélation des uns fait le malheur des autres

Je vous pose le décor : ma femme est enceinte, le cœur à vif, l’émotion facile. Dans cet instant de fragilité évidente et, j’ose le croire, dénuée de tout bon sens, la télécommande entre les mains, elle découvre le replay. Il n’en a fait qu’une bouchée. En quelques émissions, elle était devenue accroc.

DROIT DE REPONSE DE ELLE : je ne me suis absolument pas faite dévorée par le replay. Tout ça était savamment réfléchi et LUI n’a rien saisi des complexes stratégies pédagogiques que je me suis efforcée de mettre au point au cours de la grossesse. Nous souhaitions tous les deux épargner notre oisillon à naître du petit écran. J’ai donc eu à coeur pendant une bonne partie de la grossesse d’avaler le maximum d’émissions-à-la-con pour provoquer en moi une overdose et, ainsi, ne jamais rallumer la TV après la venue au monde de notre PETIT COLIBRI. Bon, soyons honnêtes, tout ça a un peu tourné au fiasco et, même en poussant l’expérience jusqu’à tenter d’ingurgiter un épisode des Anges,  l’overdose n’a jamais pointé le bout de son nez… J’ai finalement mis un terme à l’expérience et rangé la zapette quand on a eu peur que PETIT COLIBRI appelle Philippe Etchebest « Papa ». 

Tout a commencé avec BabyBoom (désolé les mecs, je suis plutôt du genre optimiste, mais croyez-moi : si elle tombe dessus, vous êtes bon pour vous taper toutes les saisons…). Si j’ai bien compris le concept, il s’agit de regarder des couples à la maternité qui ont plein de soucis, pour se mettre des petits coups de stress et se réjouir pour eux (quand tout se passe bien) ou finir complètement traumatisé (quand tout se passe mal… eh oui, ces chiens n’ont aucune limite). Qu’importe l’issue, le résultat est toujours le même : 1 heure de larmes, les plaids trempés et une chérie plus sensible que jamais.

Mais ce n’est rien devant ce qui m’attendait ensuite. Le virus télévisuel s’est propagé et très vite, j’ai eu droit à tous les concours de cuisine, les recherches d’appart, les émissions de déco, de couture et même de mode… Bon, pour cette dernière, c’est un peu plus drôle : on fait faire du shopping à une bombasse, un boudin, une vieille et une nana qui n’a aucun goût, on les regarde se crêper le chignon et se ridiculiser en fluo ou en zèbre, puis on fait intervenir la reine des expertes pour leur expliquer pourquoi c’est moche et que ça ne va pas du tout avec leur morphologie.

 

PHASE 3 – ELLE M’A EU AUSSI !

Oh drame, Oh désespoir… quelle ne fut pas ma stupéfaction quand je me suis surpris à imiter Christina Cordula et son « Ma-ché-rie, tu es MA-NI-FAYK » ! Pire encore, dans la rue, je dévisageais les filles en pensant « morphologie en H, pas de bol », « Ah, là c’est un 8, pas mal », « ouhhhh le A c’est ingrat… » (seuls les puristes peuvent comprendre, mais malheureusement, j’ai peur qu’on soit beaucoup !). Et, pire que tout, je me suis vu me regarder dans la glace en disant « Ah non…va te changer, là c’est un « Fashion Faux pas » !

 

Bref… par amour, j’ai regardé « Reine du shopping »…

 

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