Bébé m’a fait rater le premier match de l’Euro !

Eh oui, comme beaucoup de mecs (et de nanas, je ne suis pas là pour faire dans les clichés), j’aime le foot. Rassurez-vous, je l’aime modérément –  je ne suis pas du genre à me pointer à un rendez-vous galant avec un maillot de l’OM sur le dos ou à vendre ma mère pour une vignette Panini collector de 98. Mais malgré cela, je dois bien reconnaître que le dernier Euro, qui plus est en France, me donnait quand même sacrément envie ! Et pourtant, vous l’aurez deviné, la vie (et surtout bébé) en a voulu autrement : notre petit colibri a attendu le match d’ouverture de la compétition pour pointer le bout de son bec…   

Super, un congé paternité pour mater tous les matchs !

Depuis le début de la grossesse, je savais que si tout se passait comme prévu, notre petit moineau sortirait de son œuf en juin 2016, en plein milieu de la compétition. Alors, plein d’optimisme, je me projetais plusieurs mois à l’avance et, comme le disait si bien Aznavour, « je m’voyais déjà »… Je m’voyais déjà tranquille à la maison, bébé couché à 20h30, pour nous laisser quelques heures de répit avant son prochain réveil, le sommeil paisible pour me laisser écouter les hymnes nationaux la main sur le cœur avant le coup d’envoi (oui, même quand j’aime modérément, j’ai du mal à faire les choses à moitié)… mais ça, c’était sans compter sur la fourberie de mon enfant qui, avant même de naître, avait décidé de déployer toute son énergie pour me nuire et défaire un à un chacun de mes merveilleux projets.  

Tu es sûre que ça ne peut pas attendre un peu ?

Je n’ai pas vraiment eu d’ « angoisses » liées à ma future vie de papa. Très rapidement je me suis senti prêt et surtout, j’avais très envie de découvrir ce petit bonhomme qui allait bouleverser nos vies à tout jamais. Quelques questions évidemment, mais j’étais certain d’avoir les épaules et, qu’en donnant le meilleur de moi-même et en puisant toute l’énergie dont nous avions besoin dans notre super équipe, tout se passerait très bien. Plus le terme approchait, plus j’étais prêt. Cela pouvait arriver à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, j’étais prêt. N’importe quand… sauf le 10 juin à 21h! Depuis le début et pendant 9 mois, je répétais à ma femme (oui, oui, comme un gros lourd qui raconte la même blague 50 fois de suite) : ça peut arriver n’importe quand, il n’y a AUCUN SOUCI… mais s’il-te-plait, pas pendant le match d’ouverture de l’Euro, pas pendant le FRANCE-ROUMANIE que j’attends depuis des semaines et dont tout le monde parle avec engouement. S’il-te-plait, 2 petites heures, je ne demande rien de plus… Mais il faut croire que les dieux de la maternité n’ont aucune compassion pour les passionnés : le 10 juin à 17h, mon adorable femme a commencé à perdre les eaux (et non pas perdre les os comme j’ai déjà pu le lire sur la référence des forums « médicaux » Doctissimo). « Tu me fais marcher !  » – « Non, sérieux??? » – » Mais ça veut dire que… » – « Bon, ok, on y va! C’est parti pour l’aventureeeee! (oui, y faut quand même pas déconner, je fais mon mec 1.0 comme ça, mais en vrai j’ai un coeur et des principes ! ).   accouchement dessin perdre les eaux   Et pourtant, quelques heures auparavant je croyais être sauvé : le midi nous avions rendez-vous chez le « gygy » (quand je vous dis que j’ai traîné sur les forums Doctissimo…), pour le rendez-vous d’une semaine avant terme – le temps de contrôler que tout allait bien, de s’assurer que rien n’avait trop bougé et de reprendre un rendez-vous pour la semaine suivante et me voilà retourné au travail, après avoir pris soin d’envoyer quelques SMS aux copains pour les inviter le soir : « c’est bon, RAS pour aujourd’hui, on va pouvoir mater le match ! Prenez les bières, je gère les pizzas ». Mais ça, c’était avant.  

L’accouchement, encore plus fort qu’un but de Payet !

J’aurai l’occasion de revenir plus longuement sur ma perception de l’accouchement dans un prochain article mais, sans trop de surprise, je peux vous dire que, dans la salle de travail, je ne faisais pas le malin. J’avais la tête trop occupée à essayer de divertir ma chère et tendre et les mains bien trop accaparées, tantôt chéries tantôt broyées, pour pouvoir m’intéresser de près ou de loin au match. Et puis vint le moment de la péridurale. L’anesthésiste, ce veinard, avait pu voir le début du match et nous a dit très sérieusement : « allez, on ne traîne pas, c’est la mi-temps, j’ai 15 minutes devant moi ! ». Ca m’a fait rire. ELLE, moins. Alors j’ai arrêté de rire aussi. Au passage, j’ai demandé le score, mais il n’a rien voulu me dire pour ne pas tout dévoiler à la sage-femme qui avait prévu de regarder le replay dans la nuit. La péridurale faisant son effet, et mon bel amour ayant retrouvé sa tendresse avec ses esprits, nous avons passé un délicieux moment tous les deux à attendre sagement que le col continue de s’ouvrir pour accueillir le nouveau membre de notre famille. Entre quelques « je t’aime » émus et caresses pleine de douceur… J’AI ENFIN PU VOIR LES BUTS sur mon portable, envoyés par mon frère ! Une victoire des bleus 2-1, un but magnifique de Payet et mon PETIT COLIBRI qui n’allait plus tarder à arriver : j’étais aux anges ! Et voilà, ce petit bout de nous a vu le monde, sous les larmes de maman, devant les yeux embués de papa, une scène digne des plus grands films romantiques, saupoudrée de poudre d’amour à la barbapapa… Tous les deux émerveillés par cette petite chose toute neuve, pas tout à fait propre mais tellement mignonne qui ne demandait qu’à faire notre connaissance. L’histoire aurait pu s’arrêter sur cette bonne note, mais malheureusement… malgré l’épreuve et mon match manqué, je n’ai pas pu appeler mon fils « DIMITRI », en hommage au héros de la soirée…    
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